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France24
L’IA, un outil numérique pour bâillonner les femmes
#IA #femmes
Article mis en ligne le 26 mai 2026
dernière modification le 25 mai 2026

Dans l’actualité, les accusations se multiplient contre Patrick Bruel. Mediapart a recueilli les témoignages d’une trentaine de femmes qui disent avoir subi des viols, agressions sexuelles, exhibitions ou harcèlement sexuel du chanteur et acteur français, qui s’en défend avec véhémence. À Cannes, le monde du cinéma s’interroge à nouveau sur son évolution, entre reviviscence du MeToo et nécessaire réduction des inégalités femmes-hommes. Au cœur de cette émission également, enquête sur les deepfakes et les dégâts "IRL" des images sexualisées de femmes exposées médiatiquement. Selon un rapport de The Nerve publié par ONU Femmes, 70 % des femmes qui ont une existence publique ont fait l’objet de violences en ligne. Les harceleurs ont une cible privilégiée : 42 % des femmes journalistes ou travaillant dans les médias, deux fois plus qu’en 2020.

Selon la journaliste et enseignante-chercheuse Pauline Renaud, qui a participé à cette étude, ces images sexualisées sont destinées à humilier les femmes pour les silencier, en leur faisant comprendre que si elles ont une existence médiatique importante, qu’elles donnent "trop" leur avis, elles s’exposent à des mesures de rétorsion sous forme de deepfake pornographique. (...)

Ces images créées ou détournées par IA puis partagées rapidement et facilement sur internet sont aussi le symptôme d’une société dépassée par les progrès de la tech : la justice, la police et même la surveillance électronique n’arrivent pas à suivre la vitesse à laquelle l’intelligence artificielle évolue. Dans bien des pays, le droit ne s’est pas encore adapté et ne sait pas comment traiter ces affaires. (...)

Pourtant, les conséquences IRL ("in real life", dans la vraie vie) de ces images sont bien réelles : selon une étude de 2023 menée aux États-Unis, plus de la moitié des victimes auraient envisagé le suicide. Les harceleurs obtiennent parfois gain de cause, explique Pauline Renaud : "40 % des femmes qui ont répondu à notre questionnaire disent s’autocensurer sur les réseaux sociaux (…).

alors que d’un autre, les réseaux sociaux s’émeuvent d’images beaucoup plus neutres et bannissent des comptes où un téton apparaît dans le lointain. Le paradoxe est encore plus marqué quand IA et plateformes sont détenues par la même personne : c’est le cas, par exemple, d’Elon Musk, propriétaire à la fois de Grok et du réseau social X.