La Ligue des droits de l’Homme (LDH) et la CGT Spectacle ont annoncé, samedi 23 mai, engager une action en justice contre Canal+, dénonçant une discrimination du patron du groupe envers les signataires d’une tribune anti-Bolloré, avec qui il a affirmé ne plus vouloir travailler.
Les propos du patron de la chaîne secouent depuis une semaine le monde du cinéma, réuni pour le festival de Cannes qui s’achève samedi soir. Le 17 mai, Maxime Saada avait affirmé ne plus vouloir travailler avec les signataires d’un texte qui dénonce « l’emprise de l’extrême droite » sur le cinéma à travers l’homme d’affaires Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+. « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », avait lâché le dirigeant de Canal+, dimanche dernier, en plein festival.
« Il est grand temps que les mondes de la culture et du savoir se coalisent et se révoltent contre l’œuvre réactionnaire du groupe Bolloré. L’action judiciaire est l’un des tremplins nécessaires à cette révolte », a commenté l’avocat de la CGT Spectacle et de la LDH, Me Arié Alimi.
Polémique en plein festival de Cannes (...)
La tribune et sa réponse ont secoué le monde du cinéma en plein festival de Cannes : à 600 signataires au moment de la publication de la tribune, ses auteurs revendiquaient jeudi 21 mai sur Instagram plus de 3 800 signataires. Parmi eux, de grands noms internationaux comme l’acteur espagnol Javier Bardem, le réalisateur britannique Ken Loach ou encore l’acteur américain Mark Ruffalo.
Certains, à l’instar de l’actrice Anna Mouglalis, ont comparé la « liste noire » des signataires à une forme de « maccarthysme ».