À l’appel du Fidesz, le parti de Viktor Orban, plusieurs centaines de Hongrois ont manifesté, jeudi 9 juillet au soir, devant le palais présidentiel, sur la colline du château, à Budapest. Ils protestaient contre un paquet d’amendements à la Constitution qui doit être voté mardi 14 juillet par la majorité du Premier ministre Péter Magyar. L’un des textes prévoit de mettre fin de manière anticipée au mandat du président de la République.
Le texte est lapidaire : « Le mandat du président prend fin dès que cette loi entre en vigueur. » Péter Magyar justifie cette destitution anticipée par une « grave perte de confiance » de la société envers le chef de l’État, qu’il qualifie de « marionnette » de Viktor Orban.
Mais cette procédure accélérée suscite de vives critiques. La Constitution hongroise prévoit bien une procédure pour limoger le président, notamment s’il manque à ses fonctions. Mais les opposants à Péter Magyar lui reprochent de ne pas respecter cette voie institutionnelle et d’avoir choisi la manière forte pour se débarrasser du président de la République. (...)
Le Fidesz accuse le gouvernement d’écarter l’opposition
Un autre amendement, qui doit lui aussi être voté la semaine prochaine, alimente la controverse. Il prévoit qu’un député ne puisse pas siéger au Parlement plus de douze ans. La mesure étant rétroactive, les trois quarts des députés actuels du Fidesz ne pourraient pas se représenter aux prochaines élections. (...)
Péter Magyar a promis de balayer les vestiges du régime précédent. Mais ses méthodes suscitent aussi les critiques de défenseurs de l’État de droit. Amnesty International Hongrie estime ainsi que « le président de la République devrait avoir droit à une procédure régulière ».