Rapatriés ce week-end du 23-24 mai à Abidjan, 243 hommes, femmes et enfants ivoiriens qui vivaient depuis plusieurs mois en Tunisie dans des conditions très dures ont décidé de rentrer chez eux. Un retour volontaire souvent vécu comme un soulagement, bien qu’ils n’aient pu rejoindre le continent européen comme ils l’espéraient au départ.
Dans le centre d’accueil de la commune d’Abobo, par lequel ils transitent en attendant de pouvoir rentrer dans leurs familles respectives, beaucoup témoignent en effet des conditions de vie très dures auxquelles ils ont été exposés en Tunisie. C’est par exemple le cas de Fanta, de retour après avoir vécu deux ans à Sfax. « Les conditions étaient tellement difficiles... Il y a un endroit à Sfax, au bord de la mer, où quand la police vient, on casse tout, on brûle tout, et on vous chasse comme des animaux », raconte-t-elle, avant de confier avoir tenté de traverser six fois la mer Méditerranée. « Mais ça n’a pas marché », souffle encore cette dernière, la voix éteinte et le regard fuyant.
« La plupart rentrent avec beaucoup de regrets » (...)
« La plupart rentrent avec beaucoup de regrets parce que leurs parents avaient placé leurs espoirs en eux... Or, avec leur retour au pays, ces espoirs s’envolent, ils reviennent bredouille. »
Pour la DGIE, l’enjeu est donc de convaincre les candidats à la migration que des opportunités existent aussi en Côte d’Ivoire, que ce soit en termes de formations ou d’emplois. « On ne cherche pas à les dissuader, ajoute Mamadou Sakho. On essaie simplement de les persuader qu’ils peuvent rester en Côte d’Ivoire ou qu’il existe de meilleures voies que la migration irrégulière pour partir. » (...)
Entre 2022 et 2025, près de 8 700 migrants ivoiriens ont préféré rentrer chez eux avec l’appui de l’Organisation internationale des migrations. Un tiers d’entre eux sont revenus de Tunisie. (