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Marie-Claude Saliceti
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Chômage : Les députés approuvent la suspension des allocations en cas de soupçons de fraude
#Chomage #AssembleeNationale
Article mis en ligne le 4 mars 2026
dernière modification le 1er mars 2026

C’était l’un des articles les plus polémiques du projet de loi contre les fraudes. Vendredi, l’Assemblée nationale a approuvé la possibilité, lorsque France Travail a des « indices sérieux de manœuvres frauduleuses » ou « de manquement délibéré » à des obligations, de suspendre à titre conservatoire des allocations chômage.

Les macronistes, la droite et l’extrême droite ont voté pour, tandis que la gauche a voté contre. Plus tôt dans la matinée, les députés avaient approuvé un article élargissant les outils donnés à France Travail pour récupérer son dû en cas de fraude. L’organisme pourra opérer des saisies bancaires et retenir intégralement les allocations à venir, sans considération d’un éventuel reste à vivre.

« On punit pour un doute »

Les débats ont été houleux dans l’hémicycle. Le président de la commission des Finances, Éric Coquerel (LFI), a critiqué l’article inspiré de « l’idéologie du Rassemblement national », voulant faire croire que « la principale fraude en France, ce serait celle des travailleurs privés d’emploi », de « votre voisin qui est tout aussi pauvre que vous », sans dire « un mot ou presque sur la fraude fiscale ».

« On ne peut pas donner à France Travail qui est en sous-effectif la possibilité de supprimer des allocations chômage […] sur la base de simples allégations ! (...)

le ministre a souligné que la procédure était « encadrée », avec la possibilité de « recours » et une durée maximum de suspension de trois mois. (...)

Le ministre a également apporté son soutien à des amendements de gauche visant à « maintenir le reste à vivre (un montant minimal, N.D.L.R.) des allocataires le temps de la suspension conservatoire », comme il s’y était engagé. En 2024, « France Travail a identifié pour 136 millions d’euros de fraudes aux allocations chômage », selon un rapport de l’Unédic.

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 (Mediapart - abonnés)
Les députés votent la suspension des allocations chômage sur la base d’un soupçon de fraude, la gauche dénonce une « chasse aux pauvres »

L’examen du projet de loi de lutte contre les fraudes n’est pas arrivé à son terme et sera suspendu trois semaines, élections municipales obligent. Mais les députés ont toutefois approuvé une mesure hautement décriée, à savoir la suspension conservatoire des allocations chômage en cas de suspicion de fraude.

esLes plus riches adeptes de fraude fiscale peuvent dormir tranquilles. (...) seul·es les plus fragiles écopent d’une mesure aussi coercitive. (...)

Les fraudes à l’assurance chômage sont estimées à 136 millions d’euros, a rappelé le ministre du travail. « Soit 0,02 % du budget de la Sécurité sociale », a calculé de son côté Louis Boyard (LFI) : une peccadille à ses yeux. (...)

Peu de député·es sur les bancs (...)

L’Assemblée a aussi voté un article, tout aussi controversé, qui prévoit de favoriser les échanges d’informations entre la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) et les organismes complémentaires d’assurance maladie. Les secteurs de l’optique, d’audiologie et dentaire sont dans la ligne de mire. Plusieurs députés ont dénoncé une atteinte au secret médical. (...)