En étudiant les données de satellites, des climatologues allemands ont réalisé une nouvelle estimation des causes de la hausse du niveau de la mer. Conclusion : l’augmentation directement due au réchauffement climatique est près de deux fois plus élevée que prévu, 1,4 mm par an et non de 0,7 ou 1. Le total serait de 2,7 mm/an entre 2002 et 2014, en bon accord avec d’autres études. Les disparités régionales sont très importantes.
La hausse du niveau de la mer n’est pas partout identique
Selon eux, la hausse globale de l’océan mondial serait, entre 2002 et 2014, de 2,74 ± 0,58 mm/an. Leurs calculs les amènent surtout à une estimation bien plus forte de l’effet stérique, donc de l’influence directe du réchauffement sur la densité de l’eau, en surface ou plus profondément. (...)
À quel rythme monte le niveau de la mer ? Entre 2,4 et 2,8 millimètres par an depuis le début des années 2000, expliquent différentes études, que l’on trouvera résumées dans un tableau publié ici. C’est ce qu’expliquent des chercheurs allemands qui ont « revisité », pour reprendre l’expression utilisée dans le titre de leur article publié dans les Pnas, les résultats de mesures effectuées entre 2002 et 2014. (...)
L’effet stérique est donc, selon cette étude, nettement plus influent que ce qui est habituellement considéré. On remarque que le total ne fait pas 2,74 car il reste d’autres effets et, surtout, des variations régionales importantes. Ainsi, le record est atteint près des Philippines avec 14,7 ± 4,39 mm/an. C’est l’effet stérique qui domine largement, représentant 11,2 mm (± 3,58), comme en Indonésie, où, affirment les auteurs allemands, il intervient pour 6 mm/an sur les 8 observés (6,4 ± 3,18 pour 8,3 ± 4,7 mm/an, précisément). Dans l’Atlantique nord-ouest, cet effet stérique ferait monter le niveau de 5,3 ± 2,6 mm/an mais il agirait à l’inverse, dans le Pacifique est, où il abaisse l’océan de 2,8 ± 1,53 mm/an.
Conclusion : tous les pays ne sont pas égaux devant la hausse du niveau des océans. La côte ouest des États-Unis ne voit rien arriver tandis que les Philippines sont très exposées. L’étude montre aussi combien il est important de suivre le plus précisément possible le niveau de la surface des mers depuis des satellites. (...)