Il y a 30 ans, la brebis Dolly bouleversait la science et l’éthique. Premier mammifère cloné à partir d’une cellule adulte, elle a ouvert des débats à l’échelle mondiale. Pourtant le clonage est aujourd’hui délaissé par les laboratoires de recherche. Par quoi a-t-il été remplacé ?
Avant elle, on savait cloner des grenouilles à partir de cellules embryonnaires. Mais reprogrammer une cellule déjà spécialisée pour recréer un individu entier, personne n’y était parvenu. Cette prouesse a ouvert des débats scientifiques, éthiques et philosophiques qui résonnent encore aujourd’hui.
Une révolution biologique (...)
L’annonce de Dolly a déclenché une onde de choc éthique mondiale. En quelques mois, une convention internationale interdisant le clonage humain était signée à Oviedo. En France, la loi punit le clonage reproductif de trente ans de réclusion et de 7,5 millions d’euros d’amende, le classant parmi les crimes contre l’espèce humaine, aux côtés de l’eugénisme.
Des promesses vite limitées
Sur le plan scientifique, le clonage s’est vite heurté à ses limites. Le rendement est catastrophique (...)
Le clonage a progressivement ouvert la voie puis été supplanté par des technologies plus efficaces. Les cellules IPS, découverte récompensée par le prix Nobel en 2012, permettent de reprogrammer n’importe quelle cellule adulte en cellule souche sans passer par un embryon. L’outil CRISPR, apparu en 2013, permet quant à lui de modifier le génome de façon bien plus simple et précise. Ces avancées ont rendu le clonage largement obsolète, aussi bien pour la recherche fondamentale que pour la médecine régénérative.
Un héritage plus symbolique que pratique
Que reste-t-il du clonage aujourd’hui ? Peu de choses en laboratoire, mais quelques niches subsistent. Des chevaux de course et des animaux de compagnie sont encore clonés à des fins commerciales, pour des dizaines de milliers d’euros. (...)